Image mentale, ou comment voir sans les yeux !

Gamin, on se pose parfois d’étranges questions. Une de celles qui m’a longtemps taraudé était la suivante : comment est-il possible de voir une image les yeux fermés ?

Petite visite dans la logique d’un enfant qui a l’impression de tomber sur un bogue dans le fonctionnement de l’univers :

Oui, c’est bien mon crâne cette image que l’on pourrait prendre pour une radio d’alien et c’est en la découvrant que j’ai repensé à tout ça…

  • les yeux servent à voir ;
  • quand les yeux sont fermés on ne voit que du noir ;
  • pourtant quand je pense à quelque chose qui n’est pas devant moi, je vois des images dans ma tête…

Si cela vous semble aussi paradoxal, ou que vous souhaitez vous rafraichir la mémoire, alors il ne vous reste plus qu’à continuer la lecture 😉

Principes généraux de la vision

Différencier la réception d’une image et son interprétation

Il me manquait déjà une notion primordiale pour comprendre ce mystère : l’œil n’a qu’un rôle de récepteur, il se situe donc au tout début du processus de la « vision ».

Un rappel pour la route sur le fonctionnement de l’œil :

Traitement et interprétation des signaux reçus

Non seulement les signaux reçus par chacun des yeux vont arriver au cerveau mais ils vont se croiser sur le chemin en échangeant des informations.

Pif, paf, pouf… tout ça est ensuite traité par le cortex visuel de chaque hémisphère (situés à l’arrière du crâne) pour recréer la perception d’une image. Je dis bien perception et non pas une simple projection façon salle de ciné comme dans Vice-Versa :

Ce film n’a cependant pas tout à fait tort (de toute façon ce n’est pas un documentaire) dans sa façon de présenter les choses. En effet, les souvenirs sont bien stockés  et peuvent être ré-appelés à loisir pour être à nouveau perçus plus tard. Une sorte de projection interne mais simplement métaphorique.

On touche enfin du doigt la réponse à ma question de gamin perplexe dès lors que l’on a évoqué la notion de stockage et de réutilisation.

Le système œil-cerveau forme un tout bien plus complexe qu’une simple caméra. Si la capture de l’image est plus ou moins similaire, la phase d’enregistrement et de restitution est différente : pas de carte SD ou d’écran dans le cerveau aux dernières nouvelles (même chez les transhumanistes).

S’appuyer sur les bugs pour comprendre

Ce que je vous avais présenté rapidement comme « pif paf pouf, le cortex visuel traite tout ça » s’avère en fait un peu plus compliqué. Les transmissions y passent bien, mais font également un tour au niveau du lobe pariétal et du lobe temporal… oui, ça en fait du chemin et c’est l’ensemble de toutes ces étapes cumulées qui nous permet de percevoir une image normale.

Si je précise une image normale, c’est tout simplement que le processus a un raté, par exemple à cause d’une lésion au lobe pariétal, des symptômes étonnants peuvent apparaitre.

Pour ne pas tenter de réinventer la roue, je vous conseille à ce sujet la vidéo de e-penser sur le cerveau. La partie qui nous concerne ici parle de l’agnosie et de l’héminégligence à partir de 23:30 (mais tout est intéressant alors une fois l’article lu et vos commentaires postés retournez la voir en entier !).

Comme pour beaucoup d’autres études sur le corps, c’est en s’appuyant sur les cas de dysfonction que le fonctionnement global est mieux cerné (autre article très complet sur le sujet ici).

L’image mentale est tout autant image que porteuse de sens…

À retenir : se représenter un objet active les mêmes zones que d’être en train de le regarder, cette image quelle qu’elle soit est associée à des mots et concepts sémantiques.

Quelle utilité de savoir ça ?

Outre le fait de vouloir tout comprendre pour le plaisir de comprendre ? Allez cadeau, une petite mise en perspective…

Si l’on pousse plus loin, cela veut dire que l’information visuelle (exemple : votre type de nourriture préférée) est emmagasinée et reliée à des idées (miaaaaamm, c’est bon). Plus l’objet (le plat aimé) est vu souvent, plus le lien est « renforcé » dans la mémoire tout comme l’idée associée.

Or ce processus, s’il peut être renforcé volontairement (réviser ses cours par exemple), n’est cependant pas conscient.

Remplacez maintenant l’option « nourriture préférée » par « affiche de publicité vantant la qualité d’un produit que vous savez nul ». À chaque fois que vous passerez devant, le lien « produit de qualité » va se renforcer dans votre mémoire, quoi qu’il arrive. Vous voyez le problème ?

C’est la version visuelle de s’entendre répéter inlassablement un discours extrémiste jusqu’à le faire sien sans s’en rendre compte.

Pas si anodine finalement cette question d’enfant, non ?

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