Ivoire plus clair

Désolé, c’était plus fort que moi.

Mealin, à propos de tous les jeux de mots douteux qu’il n’assume pas

L’ivoire est au cœur de cet article qui ne se veut ni exhaustif, ni rébarbatif (j’essaie en tout cas), mais un peu informatif tout de même !

Pour commencer de manière légère, je vous propose de découvrir l’amusante histoire qui se cache derrière l’image d’illustration qui introduit ce billet.

Coffret : l'assaut du château d'Amour et scènes de romans. Paris vers 1300-1310 Ivoire d'éléphant, ferrures en alliage cuivreux. Conservé au musée de Cluny sous le n° CL. 23840
Coffret : l’assaut du château d’Amour et scènes de romans. Paris vers 1300-1310 Ivoire d’éléphant, ferrures en alliage cuivreux. Conservé au musée de Cluny sous le n°CL. 23840

Ce coffret est un de mes objets préférés du musée. Chacune de ses faces présente des histoires avec de nombreux détails qui me font craquer.

Pour n’en citer qu’une, celle en tête d’article nous présente un homme chevauché par une femme. Je dis bien chevauché puisqu’elle est assise en amazone et tient des rênes, on peut difficilement l’interpréter autrement même sans connaître la référence… En réalité, c’est même tiré d’un lai (poème médiéval) qui a eu un certain succès avec des gens très peu connus comme protagonistes. Alexandre, un guerrier plutôt grand et Aristote, une de ces vieilles personnes qui aiment discourir de la vie en long en large en travers, vous voyez le genre ? 😉

 

Coffret : l'assaut du château d'Amour et scènes de romans. Paris vers 1300-1310 Ivoire d'éléphant, ferrures en alliage cuivreux. Dimensions : 9,7 x 25,7 x 16,7 cm. Conservé au musée de Cluny sous le n° CL. 2384
Coffret : l’assaut du château d’Amour et scènes de romans. Paris vers 1300-1310 Ivoire d’éléphant, ferrures en alliage cuivreux. Dimensions : 9,7 x 25,7 x 16,7 cm. Conservé au musée de Cluny sous le n°CL. 2384

Aristote, philosophe et surtout tuteur d’Alexandre le Grand, fait part à son élève du mécontentement général découlant de l’arrêt des conquêtes depuis qu’une Indienne a ravi le cœur du chef militaire que tous admiraient.

La belle laissée de côté par Alexandre cherche alors à se venger du professeur. Elle décide de le séduire, ce qui réussit sans problème, mais impose à l’homme âgé de lui servir de monture avant qu’elle se livre totalement à lui… « Bouge pas je vais chercher mon mors ? Tu veux des éperons aussi ? » aurait-il lancé en bégayant (je blague hein !)

Toujours est-il que son élève averti par la jeune femme croisa son tuteur quasiment littéralement tourné en bourrique. La conclusion étant que même un homme sage ne saurait résister à l’Amour et qu’il ne faut donc pas critiquer les amants.


à voir aussi

Si vous voulez en savoir plus sur cet épisode ridicule l’article wiki est un bon début : https://fr.wikipedia.org/wiki/Lai_d’Aristote 


 

Un philosophe qui joue au canasson, c’est ce que tu appelles « ivoire plus clair » ?

D’abord, je tente d’accrocher le lecteur comme je peux…

Ensuite, cela me permet de vous montrer que l’ivoire n’a pas servi qu’à sculpter des statues de Jésus agonisant sur son crucifix ou des chapelets, puisque c’est bien souvent une des images que l’on peut avoir en tête au sujet des utilisations de ce matériau.

Plaque d'Adalbéron II, vers 1000, ivoire, musée de la Cour d'Or, Metz, inv. 3550 Pour plus d'informations et une image vraiment HD pour un objet qui le mérite, cliquez sur l'image.
Plaque d’Adalbéron II, vers 1000, ivoire, musée de la Cour d’Or, Metz, inv. 3550
Pour plus d’informations et une image vraiment HD pour cet objet qui le mérite, cliquez lui dessus.

D’ailleurs qu’est-ce que l’ivoire ?

Comme beaucoup, je suppose que la mention « ivoire d’éléphant » vous paraît superflue, non ? Un peu comme au jour d’aujourd’hui ? Si ce n’est pas le cas, bravo.

Olifant (instrument taillé dans une défense d'éléphant) surnommé le cor de Roland (D. 9.7 cm, L. 51 cm), faisant partie du trésor de l'abbaye de Saint-Denis, conservé à la BNF (photo Gallica/BNF)
Olifant (instrument à vent taillé dans une défense d’éléphant) surnommé le cor de Roland ( 9,7 x 51 cm), faisant partie du trésor de l’abbaye de Saint-Denis, conservé à la BNF (photo Gallica/BNF)

En réalité si en France on sous-entend généralement qu’il provient d’un éléphant, l’ivoire est un des constituants principaux des défenses et dents de tous les mammifères (hippopotame, narval, morse etc) les humains ne faisant pas exception !

Les principales différences entre l’ivoire de votre molaire branlante que vous vous apprêtez à revendre dans l’excitation et une défense d’éléphant sont :

  • son appellation de dentine chez l’homme,
  • qu’elle est protégée par de l’émail (simplement la chose la plus dure du corps humain…),
  • un léger détail supplémentaire : notre absence de défense et ainsi qu’une taille de quenottes bien inférieure qui, combinées, ne procurent que bien peu de matière !

Vous comprendrez aisément qu’il fut bien plus efficace de s’en procurer auprès de chasseurs (en omettant les questions éthiques) qu’en traînant chez les arracheurs de dents.

Détail - L'arracheur de dents ou le charlatan, Giandomenico Tiepolo, 1754, musée du Louvre
Détail – L’arracheur de dents ou le charlatan, Giandomenico Tiepolo, 1754, musée du Louvre

 

Usages

Globalement artistiques ! C’est un matériau bien trop cher et compliqué à obtenir la plupart du temps dans nos contrées pour n’en faire qu’un objet utilitaire mais rien n’empêche d’allier l’artistique à des usages pratiques.

Pour les traces les plus anciennes, avant l’écriture, la question reste ouverte et ne sera probablement jamais tranchée entre une volonté uniquement artistique et une question religieuse derrière.

 

catpure d'écran du site cabinet 3D du MNHN- Statuette dite "Vénus de Lespugue" sculptée dans de l'ivoire de mamouth entre -32000 et -22000. Pour en savoir plus et découvrir un des nombreux modèles 3D de ses collections que le museum d'histoire naturelle vous permet de manipuler en ligne, il vous suffit de cliquer sur l'image :)
catpure d’écran du site cabinet de curiosités 3D du Muséum national d’histoire naturelle –
Statuette dite « Vénus de Lespugue » sculptée dans de l’ivoire de mamouth entre -32000 et -22000.
Pour en savoir plus et manipuler l’objet en ligne, il vous suffit de cliquer sur l’image 🙂

 

à voir aussi


J’ai été récemment particulièrement marqué par l’idée que les « vénus » puissent avoir été l’œuvre de femmes sculptant leur corps depuis leur propre point de vue et pas forcément une question de symbolique ou d’obésité. Cette hypothèse fut proposée dans un article de 1996 (Toward Decolonizing Gender: Female Vision in the Upper Paleolithic » by Catherine Hodge McCoid and LeRoy D. McDermott, in American Anthropologist) dont des morceaux sont repris ces derniers temps sur internet (via notamment le chouette coin de web tout mauve de Marie).

Pour être honnête, n’étant pas très au fait des débats les plus récents sur le sujet, je ne peux vous garantir que cela n’a pas été réfuté depuis, mais l’idée a le mérite de quitter le terrain des interprétations parfois vraiment tarabiscotées ou semblant tirés de l’imagination un brin trop fertile et phallocentrée de certains chercheurs.

Pour un bref résumé, avec photos de nus mise en comparaison, voir le lien suivant : /!\ Nudité /!\ evidence that ancient paleolithic venus statues   /!\ NSFW /!\


 

Occident médiéval : le christianisme amoureux de l’ivoire

J’exagère à peine en parlant directement de christianisme puisque la très grande majorité des objets produits ou retrouvés en Europe de l’Ouest durant la période furent des reliquaires, crosses d’évêques ou d’abbés ainsi que des statues diverses de personnages bibliques. Vous en avez déjà vu pas mal dans cet article alors je n’en rajouterai qu’une qui me permet de vous rappeler un détail : la couleur ! N’oubliez pas la couleur !

Statuette : Vierge à l'Enfant assise, (H x L x P = 25,5 x 10,5 x 9cm ), ivoire et peinture, vers 1300, conservé au musée de Cluny, n°CL7613
Statuette : Vierge à l’Enfant assise, (25,5 x 10,5 x 9 cm), ivoire et peinture, vers 1300, conservé au musée de Cluny, n°CL7613

Comme je vous l’avais déjà dit dans un précédent article (penser le passé en couleurs), tant de choses que l’on voit actuellement avec le matériau quasiment brut (sculptures grecques, églises romanes…) pouvaient être colorées et les ivoires ne faisaient pas exception. Entre le visage dont la carnation s’efface ou la robe délicatement décorée de cette Vierge, je ne sais ce qui me plaît le plus…

 

Occident post-médiéval : c’est toujours sympa comme thématique la Bible, non ?

Je ne voudrais pas que vous vous disiez tout de même que tout référence à la Bible disparait d’Occident dès les périodes de colonisation et la rencontre avec les productions asiatiques.

La preuve avec deux œuvres du XVIIème siècle :

  • une que j’ai animée pour le concours gifitup 2018 :
Une vierge de l'Apocalypse sur sa Lune (HxLxP 63,5 x 20 x 17,0 cm) datant de la toute fin du XVIIème siècle et conservée au Rijksmuseum
Une Vierge de l’Apocalypse sur sa Lune (63,5 x 20 x 17 cm) datant de la toute fin du XVIIème siècle et conservée au Rijksmuseum (photo originale du Rijksmuseum et animation par mes soins)

 

  • quelques vues d’un coup de cœur du musée de Provins :

 

L’adolescent passionné par les dragons, monstres et autres anges maudits n’est pas très loin (mon attrait pour le gothique et la fantasy ne s’est principalement vu que dans certains disques et livres de ma bibliothèque, si vous tentiez déjà de m’imaginer en noir et avec des piercings partout, ne tombez pas dans le cliché Enfer et damnations !) puisque j’ai gardé un fort attrait pour ces figures de Lucifer/démons et autres ailes d’anges… Celle-ci possède un je-ne-sais-quoi venant tant du grotesque, du diablotin, de la délicatesse des ailes de St Michel que de l’ambiance des lieux.


à voir aussi

Saint Michel a fait l’objet d’un précédent article que je vous invite à consulter si ce n’est déjà fait, j’y avais montré un détail de cette figure ainsi qu’une autre version du même combat, assez surprenante.


La mythologie gréco-romaine a aussi la cote

L’ivoire, comme la mythologie gréco-romaine ne furent jamais réellement abandonnés, tout juste leur utilisation fluctua-t-elle comme toute mode.

Jean-Jacques PRADIER, Léda, 1851, musée d'art et d'histoire de Genève n°1986-128
Jean-Jacques Pradier, Léda, 1851, musée d’art et d’histoire de Genève n°1986-128 – Pour plus d’informations et notamment des croquis préparatoires cliquer sur l’image pour découvrir un article du musée où elle est exposée.

Jean-Jacques Pradier, sculpteur éminent de la première moitié du XIXème et plutôt académique laisse cependant percer quelques élans romantiques, donnant à l’unique ivoire qu’on lui connaît des airs presque Muchassiens à sa Léda, vous ne trouvez pas ? Bon, c’est aussi un prétexte pour vous mettre du Mucha, je plaide coupable.

Mucha, Affiche La Trappistine, 1897, Gallica/BNF
Mucha, Affiche La Trappistine, 1897, Gallica/BNF

Asie

L’Inde a produit de nombreux objets en ivoire durant sa longue histoire, l’abondance d’éléphants aidant, mais n’allez pas croire que tout est resté dans les palais et temples locaux. Non non non, cela a circulé à travers le monde comme on sous-estime souvent les échanges entre les civilisations éloignées, j’ai envie de participer à déconstruire cette idée.

Pièce d'échec représentant un éléphant de guerre indien ( H. 15.5 cm, D. 8.9 cm) qui était dans le trésors de l'abbaye de Saint-Denis jusqu'à la Révolution. Actuellement conservé au Cabinet des Médailles et Antiques de la BNF (photo Gallica)
Pièce d’échec (15 x 8.9 cm) actuellement conservé au Cabinet des Médailles et Antiques de la BNF (photo Gallica) – plus d’informations en cliquant sur l’image

Voici donc une pièce d’échec qui faisait partie du trésor de l’abbaye de Saint-Denis, aux portes de Paris : un éléphant de guerre indien ! Notez le corps attaché sur son front, tout un programme. Pour rappel les éléphants étaient de véritables machines de guerre, parfois surmontées de tours. Imaginez un peu la bataille de l’Hydaspe avec ces 300 éléphants de guerre fonçant sur l’armée d’Alexandre le Grand. Cela devait marquer les survivants !

Cette pièce est surnommée l’éléphant de Charlemagne, alors je ne résiste pas à l’occasion de vous rappeler que l’empereur sans barbe fleurie a reçu un éléphant blanc en cadeau du calife de Bagdad. Abul-Abbas, nom de l’éléphant et pas du calife, marqua les esprits et de multiples objets représentant des éléphants ou pouvant être des cadeaux indiens furent associés au fameux empereur de manière un peu rapide…

 

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Un autre témoin des échanges, cette fois-ci du côté de Pompéi, donc encore plus ancien : la statuette indienne de Pompéi (wiki)


 

Le Japon avec ses kimonos sans poche nécessita de se promener avec son attirail accroché à la ceinture (obi) par une corde. Pas de nœud compliqué pour retenir le tout, mais une petite figurine appelée netsuke qui se fixe au bord supérieur de ladite ceinture.

Cet élément à la fois fonctionnel et décoratif se voit décliné en des milliers de formes différentes, dont de nombreuses taillées dans de l’ivoire (ivoire d’éléphant importé ou de mammifères marins) pour les personnes riches. L’origine du netsuke se trouve a priori en Chine, mais le pays du Soleil Levant l’a fait sien au point d’être dorénavant un élément culturel indissociable.

Un exemple combinant ce matériau et la fascination nippone pour la mort et les squelettes qui m’intrigue toujours autant :

netsuke squelette crapaud
Netsuke japonais présenté à l’exposition Japon-Japonismes au Musée des arts décoratifs de Paris en 2018

Juste avant de partir :

Des noms et des pays…

Impossible de ne pas évoquer le pays qui porte littéralement le nom du thème de ce billet : la Côte d’Ivoire. Celui-ci vient évidement du commerce qui y était fait de défenses d’éléphants. Cette zone a d’ailleurs été nommée la côte des dens sur certaines cartes autour de 1700, un rappel de plus que ce ne sont que de grosses dents ou presque 😉

Détail - carte de l'Afrique vers 1700 - mention côte des Dens retouchée pour la visibilité - Gallica/BNF
Détail – carte de l’Afrique vers 1700 – mention côte des Dens retouchée pour la visibilité – Gallica/BNF

 

Dernière idée à garder en tête : l’ivoire est maintenant sujet à réglementation !

Le braconnage est une malédiction pour les pachydermes et autres animaux recherchés pour une partie de leur corps, aussi dans le but de rendre plus compliqué la revente de matériaux récupérés sur des animaux vivants ou de manière illégale, ce commerce est strictement encadré (même si pas aussi étroitement ni avec autant de succès que l’on pourrait espérer). Les douanes sont l’acteur principal dans cette lutte, principalement depuis 1973 et la ratification de la convention de Washington souvent abrégée CITES. En 2016, Ségolène Royale, alors au ministère de l’environnement, de l’énergie et de la mer, annonce d’ailleurs « l’interdiction de tout commerce d’ivoire sur le territoire français » et rappelle diverses mesures déjà en place (PDF).

Quelles sont les conséquences pratiques ?

Si vous détenez une défense d’éléphant ou une carapace de tortue protégée (au hasard) et que vous comptez changer de résidence ou l’envoyer ailleurs, il vous faudra pouvoir prouver en cas de contrôle que vous détenez ce bien de manière légale… oui, même si vous restez en France. Tout cela peut théoriquement se faire en ligne si votre cas est simple : https://cites.application.developpement-durable.gouv.fr/accueilInternaute.do (site web en 2018 pas vraiment accueillant comme pour beaucoup d’administration du coup n’hésitez pas à vous rendre avant sur celui de la CITES…)

Méfiez-vous de ce que vous achetez en vacances ou via des sources non professionnelles

Vous ne voudriez pas être responsable de la séparation d’un éléphanteau de ses parents parce que vous avez voulu acheter une babiole souvenir en repartant de votre safari ?
Je caricature à dessein évidement, mais si cela peut être un dommage à la faune, n’oubliez pas que vous prenez des risques pour vous-même et que toutes les législations ne sont pas toutes aussi tendres que les 15 000€ à 150 000€ d’amende pour un particulier en France…

 

 

J’espère que ce petit périple vous a permis de découvrir quelques aspects peut-être moins connus concernant ce matériau étonnant et que l’humanité utilise depuis l’aube des temps.

Comme toujours, un petit commentaire fait toujours plaisir et si vous pensez qu’un de vos proches pourrait être intéressé par un squelette aux prises avec un crapaud, un arracheur de dents un brin effrayant ou l’histoire d’un philosophe faisant hu dada, vous savez quel lien lui partager 🙂

 

 

 

Merci d'avance !

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2 commentaires sur “Ivoire plus clair

    1. De rien ! Merci à vous pour la coquille signalée.
      Petite précision, sur ce support je préfère utiliser Mealin, cela me permet de mieux « protéger » mon identité numérique, même si je ne cache pas spécialement mes noms et prénoms.

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