Toutou, you too

Toutou you too… Toi aussi, toutou tu mérites ta place sur le web où règnent en maîtres chats volants, licornes et autres pandas roux. Heureusement pour elles, ces boules de poils aboyant sans prévenir dès que l’on passe à côté de leur jardin (pardon, je m’égare, mais j’en ai marre de sursauter à cause d’un caniche planqué derrière un thuya…) figurent en bonne place dans les musées.

Aujourd’hui je vous propose de découvrir quelques exemples de chiens, parfois impressionnants, parfois mignons ou totalement ratés qui peuplent nos musées…

Le toutou monumental

Si j’apprécie les représentations d’animaux dans l’art en général, pour leur côté incongru ou leur beauté, c’est ma récente rencontre avec ce chien sur son coussin qui m’a poussé à leur consacrer un billet.

Je n’ai pas le souvenir d’avoir vu auparavant de représentation si monumentale, au sens littéral, d’un canidé seul. D’habitude il est plutôt là pour accompagner un personnage

Claudion, Monument pour un chien, vers 1780-1785, Terre cuite, H. 16,50 cm L. 18 cm P. 8 cm - Présentée au Musée Cognacq-Jay
Claudion, Monument pour un chien, vers 1780-1785, Terre cuite, H. 16,50 cm L. 18 cm P. 8 cm – Paris, musée Cognacq-Jay

 

Le petit toutou tout mignon

Ne riez pas, c’est une catégorisation très sérieuse… enfin presque. Toujours est-il que certains chiots semblent là bien plus pour attirer la sympathie, ajouter une touche de tendresse à la scène, que pour leur beauté.

Le toutou chasseur

Quand ils ne sont pas réellement mis en avant pour eux-mêmes, les chiens font souvent partie intégrante des représentations d’une pratique de plus en plus décriée de nos jours : la chasse.

Le saint patron des chasseurs, Saint-Hubert, est d’ailleurs souvent affublé de ses chiens (cf : Saint code de la route).

Attribué à Jan Wildens, Paysage vallonné avec moulin à eau et fauconniers, vers 1584-1586 - collection particulière, Maastricht, Musée Bonnefanten
Attribué à Jan Wildens, Paysage vallonné avec moulin à eau et fauconniers, vers 1584-1586 – collection particulière, Maastricht, Musée Bonnefanten

Comme j’aime vraiment beaucoup la façon dont sont esquissées les bêtes en plein mouvement et que pour une fois j’ai une photo assez nette pour le détail, je vous laisse admirer le geste du dessinateur, à la fois simple et très dynamique.

(détail) Attribué à Jan Wildens, Paysage vallonné avec moulin à eau et fauconniers, vers 1584-1586 - collection particulière, Maastricht, Musée Bonnefanten
(détail) Attribué à Jan Wildens, Paysage vallonné avec moulin à eau et fauconniers, vers 1584-1586 – collection particulière, Maastricht, Musée Bonnefanten

Le toutou magique à clous

Chien-médium XVIII- début XIXe siècle, sculpture vili, côte de Loango, Congo, bois, clous et lames en fer forgé, 43 x 88 cm, Paris, Musée du Louvre
Chien-médium 18e-début 19e siècle, sculpture vili, côte de Loango, Congo, bois, clous et lames en fer forgé, 43 x 88 cm, Paris, Musée du Louvre

Celui-là, certains « vieux » lecteurs le connaissent peut-être déjà via ce site puisque je vous en avais déjà parlé en 2015… que le temps passe vite !

Ceci est l’occasion de vous rappeler que je n’ai que peu d’œuvres ne concernant pas les cultures occidentales dans ma photothèque (en tout cas proportionnellement), pour plein de raisons dont la première est tout simplement une question de représentativité dans les collections publiques européennes, donc ne considérez pas ce billet, ainsi que la majorité de ceux où je vous parle d’art et de patrimoine, comme représentatifs de toute la diversité mondiale… Je voudrais bien, mais ça n’est pas à ma portée 😉

Le toutou distrait

Il y a un chien dont l’image me tire toujours un grand sourire et qui a un je-ne-sais-quoi de plus que les autres à mes yeux : cet animal distrait par un papillon.

Détail d'un cabinet en bois et "pietre dure", seconde moitié du 17e, conservé au Musée Lázaro Galdiano de Madrid, inv 8502 - toutou distrait par un papillon
Détail d’un cabinet en bois et « pietre dure« , seconde moitié du 17e, Madrid, Musée Lázaro Galdiano, inv 8502

Le toutou qui vit sa vie

Une des choses qui m’attire dans ces représentations, ce sont les lieux ou comportements auxquels on ne s’attend pas avec notre esprit du 21e siècle.

Je vous passe les histoires particulières sur l’Église et le clergé pas toujours aussi sérieux qu’on le croirait ( comme les conards de Rouen, déjà évoqués chez une autre gallicanaute…).

Le sujet étant nos amis à quatre pattes : imaginez un chien dans une église. Difficilement crédible aujourd’hui, non ? Il faudrait que ce soit un chien guide d’aveugle pour ne pas que cela fasse hausser un sourcil, engendre des remarques voire soit éjecté illico presto. Cela n’a pourtant pas toujours été le cas, en témoignent les multiples bêtes gambadant près de leurs maîtres ou se soulageant carrément sur les murs que l’on peut croiser dans les peintures du 17e siècle ayant pour sujet les églises néerlandaises par exemple.

Non seulement il se soulage sur l’entrée de l’église, mais il n’a pas oublié de ramener ses os à ronger !

Le toutou paillasson qui se demande ce qu’il fait là

Ici, c’est sur un objet que je vous cite régulièrement, une des portes du duomo de Pise, que se trouve le canidé. On y trouve beaucoup de choses sur cette porte, allant du piaf le plus classique comme la colombe avec son rameau (référence à la fin du Déluge où Noé aurait envoyé une colombe qui serait revenue avec un rameau d’olivier) ou même un rhinocéros

Détail d'une des portes du duomo de Pise, fondue en 1602 d'après les dessins de Jean Bologne - toutou paillasson
Détail d’une des portes du duomo de Pise, fondue en 1602 d’après les dessins de Jean Bologne

Vous l’aurez remarqué j’espère, mais j’essaie de varier les techniques au passage.

Le toutou qui prend la pose

Le photographe, comme le peintre ou le sculpteur, peut se voir demander des portraits dans des mises en scène étonnantes. Ceci inclut le cas où celui à qui l’on doit tirer le portrait est le petitchoubidoutropmimi qui partage la vie du client.

Chien de M. Febvre : [photographie, tirage de démonstration] / [Atelier Nadar] - Gallica/BNF
Chien de M. Febvre : [photographie, tirage de démonstration] / [Atelier Nadar] – Gallica/BNF
Un peu dubitatif sur ce qu’on lui fait faire, ce chien prend la pose dans l’atelier Nadar, ou plutôt l’atelier des Nadar qui sera d’ailleurs le sujet d’une prochaine exposition à partir du 16 octobre 2018 à la BNF.

Je lui trouve un air de famille avec le ouaf-ouaf de Rembrandt présent dans son autoportrait accroché au Petit Palais, pas vous ?

Autoportrait de Rembrandt en costume oriental, vers 1631-33, Inv PDUT925 - photo Petit Palais
Autoportrait de Rembrandt en costume oriental, vers 1631-33, Inv PDUT925 – photo Petit Palais

 


Je commence à tomber à court de synonymes pour parler de chien alors je suppose que c’est le signe que je dois m’arrêter là !

Comme toujours, j’espère que cet article vous a plu et surtout que vous serez plus sensibles aux représentations anciennes du « meilleur ami de l’homme » lors de vos promenades dans le passé 🙂

Merci d'avance !

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3 commentaires sur “Toutou, you too

  1. J’ai un faible pour les bassets hound ( le chien de colombo, TéléZ, etc. ).
    Mais finalement un chat c’est tellement plus agréable au quotidien surtout quand il pleut ou que ça gel dehors.

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