Cosmétique, presse féminine et mode

Ceux qui me connaissent dans la vie de tous les jours savent que je n’éprouve pas franchement une grande passion pour les derniers régimes miracles ou l’actualité people. Il n’empêche qu’une chose m’attire vers ce type de presse : une fascination (sûrement un peu malsaine quelque part) vis-à-vis des publicités.

Elles sont à la fois une célébration de l’hypocrisie, le reflet de l’actualité esthétique (tout en participant à créer la norme/mode) mais aussi des nouveautés technologiques au sens large. Oui oui, tout ça à la fois.

Pierre Narcisse Guérin - Détail - Andromaque et Pyrrhus - 1813
Je la vois venir l’entourloupe ! On ne me la fait pas deux fois !

Exemple imaginaire ou presque…

La pilule bidule va vous faire perdre 20 kilos facilement* avant l’été pour que vous puissiez facilement rentrer dans ce superbe maillot de bain** que porte ce mannequin*** célèbre.


* : garantie sans effets secondaires mortels mais forte probabilité de vous mettre tellement patraque que de toute façon vous n'aurez plus faim.
** : dont vous avez absolument besoin même si vous n'allez peut-être le sortir qu'une fois ou deux et qu'il vous en reste déjà trois en bon état.
*** : mannequin payé pour prendre la pose devant un photographe professionnel dont on ne vous montrera que les clichés valorisants, soit 5% maximum (source : société du doigt mouillé).

Ce n’est pas récent !

La presse féminine existe au moins de manière conséquente depuis la seconde moitié du XIXème siècle.

a Mode illustrée. Plus de 300.000 lecteurs ; avec supplément littéraire illustré gratuit... : [affiche]
La Mode illustrée. Plus de 300.000 lecteurs ; avec supplément littéraire illustré gratuit… : [affiche] – Gallica
Vous vous doutez bien que le contenu était déjà plutôt pauvre côté analyses politiques et articles scientifiques, surtout vu la place réservée alors aux femmes dans la société.

La part belle était donnée à tout ce qui pouvait théoriquement intéresser la femme (aisée, est-il besoin de le préciser ?) bien sous tous rapports.

Une belle mise d’abord :

La-mode-illustrée-(2)
La mode illustrée, une respiration dans le quotidien…

Cosmétiques, soins et produits utilitaires

Les publicités qui fleurissent n’oublient pas de jouer sur la pression sociale, en voici pour preuve quelques annonces d’avril 1899 pour, en vrac, faire maigrir, repousser les cheveux, devenir belle à l’américaine, calmer les maladies nerveuses, cacher les rides, cicatrices, poils et duvets…

La mode illustrée - cosmétiques publicités
Pubs pour cosmétiques et cie (image cliquable pour voir la photo originale)

On y trouve aussi la farine lactée Nestlée, lancée 35 ans plus tôt sur le créneau de la nourriture saine pour bébé, histoire de faire baisser la mortalité infantile au passage.

Pour compléter le cliché de l’univers féminin, une publicité pour des papiers peints (article de P est judicieusement placée à côté de pâtes alimentaires !

Résumons : vêtements, cosmétiques, produits pour bébés, décoration, cuisine…
Que pensez-vous de l’évolution depuis un siècle ?

Tout ça pour vendre…

des produits à l’efficacité et la nocivité souvent très variable. Je dois cependant avouer que parfois, rien que le contenant pouvait avoir une certaine classe !

Un petit objet s’est d’ailleurs distingué lors d’un épisode de tri récent :

Je suis preneur de toutes les informations que vous pourriez m’apporter à son sujet. Et oui je compte aussi sur vous. 😉

En attendant, gardez l’œil ouvert et l’esprit critique en lisant votre prochain magazine !

Merci d'avance !

Afin que cette zone d'expression soit intéressante pour chacun voici quelques règles :

  1. Lire l'article (rédigé avec amour) et pas simplement le titre, mais personne ne fait ça 😉 n'est-ce pas ?
  2. Indiquer un nom ou un pseudo (pas de mots clés pour le référencement).
  3. Renseigner si vous le souhaitez, votre site principal ou un profil de réseau social.
  4. Rédiger un commentaire dont vous n'aurez pas honte dans 10 ans...

3 commentaires sur “Cosmétique, presse féminine et mode

  1. C’est toujours intéressant la pub. Mes cours d’histoire de l’art m’ont beaucoup aidé pour leur décorticage, et identifier leur construction. Ton article m’a fait penser qu’il faut que je lise Système de la mode de Barthes.
    Pour ton objet mystère, ça me fait penser à une boîte à talc (concordant avec le nom de poudre de toilette et ce que j’ai trouvé sur museobase). Le texte au dos de la boîte n’est malheureusement pas lisible sur mon ordi, ça m’aurait peut-être aidé à confirmer l’usage. A voir et à en discuter.

    1. Le système de la mode a l’air d’être une lecture intéressante. Je n’en connaissais pas l’existence.

      Je penche aussi pour une poudre de ce style.

      Pour le texte au dos qui va bien : « La Poudre de Toilette du DOCTEUR PIERRE est recommandée spécialement aux personnes qui ont une peau délicate et aux enfants. Elle empêche les irritations et les rougeurs de la peau; Elle supprime la transpiration et calme le feu du rasoir.
      Elle est garantie pure, inoffensive et ne contient aucun produit toxique ou nuisible. Elle est parfumée à la Violette ou à l’Eau de Cologne. »

  2. En tout cas ce sont tout à fait les utilisations du talc ! Barthes c’était la pépite des cours de sémiologie de première année de licence en HdA pour ma part. Depuis je garde ça dans un coin de ma tête pour les lire un jour…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

CommentLuv badge